01. Ce que recouvre le screening

Le screening consiste à comparer un client, ses bénéficiaires effectifs et ses contreparties à des listes de risque, pour détecter toute correspondance. Il couvre en réalité trois objets distincts, souvent confondus :

Les trois ne se traitent pas de la même façon : une correspondance sanctions impose une action immédiate, une PEP appelle une analyse, la presse négative demande un jugement.

02. Les listes qui comptent

SourceAutoritéPortée
OFAC (SDN et autres)Trésor américainExtraterritoriale, souvent la plus contraignante (lien au dollar)
Sanctions UEUnion européenneApplicable dans tous les États membres
OFSI / HMTRoyaume-UniListe consolidée du régime britannique
ONUConseil de sécuritéSocle international repris par les régimes nationaux
Listes nationalesÉtats (dont registre des gels français)Complètent les régimes supranationaux

Un point crucial : ces listes ne coïncident pas. Une personne peut figurer sur l'OFAC sans être sur la liste UE, et inversement. Screener contre une seule source laisse un angle mort. La portée extraterritoriale de l'OFAC, en particulier, oblige la plupart des acteurs européens exposés au dollar à l'intégrer, même sans présence américaine.

03. Onboarding vs continu

Le screening à l'onboarding vérifie le client au moment de l'entrée en relation. Nécessaire, mais insuffisant : il ne dit rien de ce qui se passe ensuite. Un client parfaitement conforme en janvier peut être ajouté à une liste en mars.

Le screening continu re-compare l'ensemble du portefeuille à chaque nouvelle version des listes. C'est lui qui transforme le screening d'un contrôle ponctuel en surveillance vivante. Les listes évoluant quotidiennement, un dispositif qui ne re-screene pas en continu opère structurellement avec des données périmées. C'est aussi le lien direct avec le KYC perpétuel : le re-screening est l'un de ses principaux déclencheurs.

04. Le fléau des faux positifs

Le vrai défi du screening n'est pas de trouver des correspondances, mais de séparer les vraies des fausses. Les noms se ressemblent, se translittèrent différemment (arabe, cyrillique), s'orthographient de plusieurs façons. Un moteur trop strict rate des cibles ; trop laxiste, il noie les équipes sous les fausses alertes.

La réponse tient en trois leviers. Le fuzzy matching calibré, qui tolère les variantes sans exploser le bruit. L'enrichissement des données : une date de naissance, un pays, un identifiant transforment une correspondance ambiguë sur le seul nom en décision nette. Et la mémoire de remédiation : une fausse alerte tranchée une fois ne doit pas revenir à chaque re-screening, sous peine de retraiter éternellement le même bruit.

05. PEP et presse négative

Les PEP ne sont pas des personnes interdites : ce sont des personnes exposées, dont la relation appelle des mesures renforcées (approbation hiérarchique, origine des fonds documentée, suivi accru). L'enjeu est de les identifier correctement, y compris les proches et associés, sans traiter mécaniquement toute PEP comme un risque maximal.

La presse négative est la plus délicate : elle n'a pas de liste, elle demande du jugement. Une actualité défavorable peut être un signal fort ou un homonyme sans rapport. Elle se documente au cas par cas, avec la source, la date et la décision, plutôt que de se traiter en tout-ou-rien.

06. Bonnes pratiques de paramétrage

07. Checklist opérationnelle

08. Foire aux questions

Qu'est-ce que le screening des sanctions ?

Comparer un client, ses bénéficiaires effectifs et ses contreparties aux listes de personnes et entités sanctionnées, aux PEP et à la presse négative, afin de détecter toute correspondance avant et pendant la relation.

Quelles sont les principales listes de sanctions ?

L'OFAC (États-Unis), les sanctions de l'Union européenne, la liste consolidée OFSI/HMT (Royaume-Uni) et les sanctions de l'ONU, complétées par des listes nationales. Un dispositif sérieux screene contre plusieurs de ces sources à la fois.

Quelle différence entre screening à l'onboarding et screening continu ?

Le screening à l'onboarding vérifie le client à l'entrée en relation ; le screening continu re-vérifie le portefeuille à chaque mise à jour des listes. Un client conforme à l'entrée peut être sanctionné plus tard, et seul le continu le détecte.

Comment réduire les faux positifs du screening ?

En calibrant le fuzzy matching, en enrichissant les données d'identité (date de naissance, pays, identifiants) et en conservant les décisions de remédiation pour ne pas retraiter deux fois la même fausse alerte.

Voir aussi

KYC perpétuel : la fin des revues périodiques
Sanctions AMF et ACPR 2026 : ce que les dossiers récents enseignent

Comment KycBench s'inscrit

Le module Screening de KycBench compare clients, bénéficiaires effectifs et contreparties aux listes OFAC, UE, UK et ONU, plus PEP et presse négative, en continu à chaque mise à jour. Le fuzzy matching est calibrable et le taux de faux positifs se pilote, pour que les équipes traitent des alertes qualifiées, pas du bruit.

Chaque décision de remédiation est conservée avec son motif, horodatée et attribuée : une fausse alerte tranchée ne revient pas, et une vraie correspondance déclenche l'escalade. La piste d'audit du screening se constitue seule, prête pour le superviseur.